Marco Odermatt battu d'un souffle sur la Streif de Kitzbühel
La mythique Streif de Kitzbühel continue de résister à Marco Odermatt. Le skieur de Nidwald s'est classé deuxième de la descente samedi, battu de seulement sept centièmes par l'Italien Giovanni Franzoni dans une course d'une intensité remarquable.
Une constante frustrante pour le champion suisse
Cette deuxième place perpétue une tendance troublante pour le dominateur actuel de la Coupe du monde. Déjà deuxième en 2022 et en 2024, Odermatt confirme que les années paires lui portent certes chance pour accéder au podium de la Streif, mais pas pour s'emparer de la plus haute marche.
Le skieur d'Hergiswil, vainqueur du Super-G la veille, avait pourtant fait de cette descente l'un des objectifs prioritaires de sa saison. Sa performance fut techniquement irréprochable, ne concédant que 17 centièmes dans son secteur le moins favorable, le cinquième tronçon.
L'amertume d'une défaite dans la victoire
"C'est dur, j'ai tout donné", a confié l'homme aux 53 victoires en Coupe du monde au micro de la télévision suisse. "Quand c'est aussi serré, ça fait mal. C'était ma meilleure manche sur la Streif et c'est pour ça que ça fait encore plus mal."
Cette déclaration révèle la mentalité d'un champion pour qui seule la victoire compte véritablement. Odermatt n'hésite pas à qualifier sa performance de "défaite", illustrant l'exigence qui caractérise l'élite du sport helvétique.
Franzoni s'impose, Muzaton impressionne
Giovanni Franzoni, 24 ans, ne surgit pas de nulle part. Champion du monde junior de descente en 2022, l'Italien avait déjà remporté les deux entraînements et le Super-G de Wengen. Sa victoire à Kitzbühel constitue néanmoins son premier succès en descente de Coupe du monde.
Le suspense fut maintenu jusqu'au passage de Maxence Muzaton, qui comptait 54 centièmes d'avance à mi-parcours avant de terminer troisième. Le Français signe ainsi son deuxième podium en carrière, le premier en descente.
Résultats mitigés pour l'équipe suisse
Derrière Odermatt, les performances helvétiques furent contrastées. Niels Hintermann obtient une surprenante sixième place, confirmant sa progression sur un terrain qui ne lui correspond pas naturellement.
En revanche, Franjo von Allmen, seizième, a compromis ses chances de podium par une faute majeure dans l'entrée de la Traverse. Les autres représentants suisses terminent au-delà de la trentième place, témoignant de la difficulté particulière de cette édition.
Cette course illustre parfaitement l'excellence du ski alpin suisse tout en soulignant que même les plus grands champions doivent composer avec les caprices du sport de haut niveau.