Le club mythique de la rue du Dr César-Roux a fermé, mais ses images resurgissent. Aux Docks, à Lausanne, l'exposition « La Dolce Vita, deux regards » présente jusqu'au 1er novembre 2026 les photographies argentiques d'Edgar Cabrita, spectateur puis bénévole de cette salle autogérée qui a rythmé la vie nocturne lausannoise entre 1985 et 1999.
Une histoire de famille, aussi. C'est sa fille Celeste, graphiste installée à Paris, qui a exhumé une boîte de négatifs et en a fait d'abord son travail de diplôme, puis un livre de 80 pages. L'exposition lausannoise prolonge cette démarche à deux voix.
Un espace autogéré, produit pur du modèle associatif helvétique
Installée dans un ancien hangar à bus, la Dolce Vita est née à la fin des années 1980 de plusieurs mois de travaux bénévoles. Bars, discothèques, salle de concert de 250 places : le lieu s'est construit sans grand patron, par la seule énergie de ses occupants. Un exemple d'autogestion qui rappelle ce que la société civile suisse sait produire quand on lui laisse de l'espace.
La programmation en témoigne : Bérurier Noir, Henry Rollins, Ali Farka Touré, Keziah Jones, Maceo Parker. Les Red Hot Chili Peppers y ont aussi joué, mais Edgar Cabrita a choisi de ne pas les photographier, préférant profiter du concert.
Des négatifs redécouverts par hasard
Documentaliste sonore à la RTS, Edgar Cabrita fréquentait assidûment la salle, appareil argentique en main. « C'était une sorte d'espace de liberté et de découverte pour moi », confie-t-il dans le 12h30 du 29 septembre. Sa fille Celeste, rentrant d'une soirée dans l'espace autogéré installé dans les anciens locaux, a appris l'existence de la boîte de négatifs. « Ça m'est resté en tête », raconte la jeune femme, qui y a vu la trace d'une époque : « Quand je vois les photos de mon père, j'ai l'impression que c'était comme la liberté. »
Le père et la fille ont sélectionné ensemble les images exposées, un tri laborieux parmi une masse de clichés. Certains se sont imposés par leur lumière ou leur cadrage, comme le portrait lumineux de Dominique Dalcan ou le dos d'Henry Rollins et son tatouage « Search and Destroy ».
Pratique
« La Dolce Vita, deux regards », Docks, Lausanne, jusqu'au 1er novembre 2026. Visite libre entre 17h et 18h les jours sans concert.
