L'Iran sous double pression diplomatique et militaire
La République islamique d'Iran fait face à une escalade sans précédent des tensions internationales. D'un côté, l'Union européenne vient de franchir un cap symbolique en désignant les Gardiens de la Révolution comme "organisation terroriste". De l'autre, Washington maintient la menace d'une intervention militaire sur fond de crise nucléaire.
L'Europe durcit le ton après la répression
Les vingt-sept ministres des Affaires étrangères de l'UE ont adopté une position ferme, qualifiant de "terroriste" le bras armé du régime iranien. Cette décision fait suite à la répression sanglante des manifestations de janvier, qui a causé des milliers de victimes civiles selon les organisations de défense des droits humains.
"Terroriste, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Cette désignation s'accompagne de sanctions ciblées contre 21 entités et responsables iraniens, incluant une interdiction d'entrée dans l'UE et le gel des avoirs européens.
Menaces croisées et escalade verbale
Téhéran a réagi avec virulence à ces pressions. Le vice-président Mohammad Reza Aref a appelé le pays à "se préparer à la guerre", tandis que l'armée iranienne promet une riposte "instantanée" en cas d'attaque américaine. Les responsables militaires évoquent les "sérieuses vulnérabilités" des porte-avions américains et annoncent le déploiement de 1.000 drones de combat.
Le président Donald Trump a de son côté centré ses menaces sur le dossier nucléaire, avertissant que le "temps était compté" avant une éventuelle intervention militaire "pire" que les frappes de juin dernier contre les installations atomiques iraniennes.
La diplomatie en quête de solutions
Malgré cette escalade rhétorique, les canaux diplomatiques restent ouverts. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi multiplie les consultations avec les pays du Golfe, opposés à une intervention américaine qui "plongerait la région dans le chaos".
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé au dialogue pour éviter une crise aux "conséquences dévastatrices". La Turquie se positionne comme médiateur potentiel, tandis que Moscou estime que le "potentiel de négociations" n'est "loin d'être épuisé".
Un bilan humain dramatique
Les derniers décomptes de l'ONG américaine HRANA font état de 6.373 morts durant la répression de janvier, dont près de 6.000 manifestants. Plus de 11.000 personnes auraient été gravement blessées et 42.486 arrêtées. Ces chiffres, probablement sous-évalués selon l'organisation, illustrent l'ampleur de la crise intérieure iranienne.
Cette double pression, européenne et américaine, place l'Iran dans une situation diplomatique inédite, où les enjeux de droits humains et de non-prolifération nucléaire convergent vers un point de tension critique pour la stabilité régionale.