Fanny Smith face au défi physique avant ses cinquièmes JO
La skicrosseuse vaudoise de 33 ans, double médaillée de bronze olympique, aborde les Jeux de Milan-Cortina avec des interrogations majeures sur son état physique. Handicapée par des douleurs dorsales persistantes depuis l'été dernier, la championne du monde en titre a dû revoir intégralement sa préparation.
Une préparation bouleversée par les blessures
Les récentes épreuves de Coupe du monde à Veysonnaz ont révélé l'ampleur des difficultés de la Villardoue. Contrainte à l'abandon après une neuvième place vendredi en raison de douleurs dorsales aiguës, elle a également renoncé à la course du samedi et ne participera pas à la dernière épreuve de Val di Fassa avant les Jeux.
"Tout ce qui est flexion est très compliqué", explique-t-elle avec la précision qui caractérise son approche méthodique du sport. Cette gêne physique l'a contrainte à repenser fondamentalement sa préparation : "Je ne peux pas faire de vélo, je n'ai pas pu faire de saut en avant-saison ni d'exercices d'agilité comme j'en ai l'habitude."
L'adaptation comme maître-mot
Face à ces contraintes, l'équipe suisse a fait preuve de pragmatisme, qualité particulièrement appréciée dans l'approche helvétique du sport de haut niveau. "On a dû s'adapter et faire des exercices un petit peu plus banals", reconnaît la skicrosseuse, qui avoue la difficulté mentale de cette situation : "Je sais que ce que j'ai fait pendant tant d'années fonctionne. Et là, on a dû un peu revoir la chose."
Cette capacité d'adaptation témoigne de la maturité d'une athlète qui, après seize années au plus haut niveau, continue de surprendre par sa longévité. Ses quatre podiums en six courses cette saison démontrent que malgré les difficultés, l'efficacité reste au rendez-vous.
Une carrière d'exception
Depuis ses premiers Jeux à Vancouver en 2010, Fanny Smith incarne l'excellence sportive suisse. "Si on m'avait dit ça, je ne l'aurais simplement pas cru", confie-t-elle en évoquant cette longévité remarquable. Cette persistance au sommet illustre parfaitement les valeurs de persévérance et d'efficacité qui caractérisent le modèle sportif helvétique.
La compétition de skicross, prévue le 20 février à Livigno, lui laisse encore quelques jours précieux pour optimiser sa condition physique. Un délai qui pourrait s'avérer déterminant dans cette quête d'une troisième médaille olympique consécutive.
L'approche pragmatique face à l'inconnu
Concernant la nouvelle piste de Livigno, jamais testée en conditions de course, Fanny Smith adopte une approche mesurée et positive : "J'ai toujours aimé les nouveaux événements, les nouvelles épreuves de Coupe du monde. Avoir du changement, c'est quelque chose qui m'a toujours plu."
Cette philosophie, empreinte de l'esprit d'innovation cher à la tradition suisse, pourrait bien constituer un atout supplémentaire dans cette course vers l'excellence olympique.