Budget vaudois 2026 : la majorité libérale résiste aux amendements de la gauche
Le Grand Conseil vaudois poursuit l'examen du budget cantonal 2026 dans un climat de fortes tensions politiques. La majorité PLR-UDC, soutenue par les Vert'libéraux, a rejeté la quasi-totalité des 68 amendements proposés par la gauche, confirmant ainsi l'orientation budgétaire du Conseil d'État.
Discipline budgétaire face aux pressions fiscales
Les débats révèlent deux visions opposées de la politique budgétaire cantonale. La gauche a tenté de faire adopter diverses réformes fiscales : modification du barème de l'impôt sur les gains immobiliers, relèvement des droits de mutation, création d'un "chèque fiscal" pour les classes moyennes et report de la baisse d'impôt sur le revenu de 1% prévue en 2026.
Ces propositions, systématiquement rejetées par la majorité, témoignent d'approches divergentes sur l'équilibre entre solidarité sociale et compétitivité fiscale. Seule exception notable : la révision à la hausse des projections de recettes fiscales, jugées "trop prudentes", permettant de réduire le déficit budgété de 50 millions.
Maintien des priorités structurelles
En matière d'éducation, le Parlement a confirmé sa ligne de rigueur en refusant les moyens supplémentaires demandés pour les classes 1-2P, les hautes écoles et l'UNIL. Cette position s'inscrit dans une logique de maîtrise des dépenses publiques, privilégiant l'efficience à l'expansion budgétaire.
Les coupes prévues au CHUV et à Unisanté ont également été maintenues, suscitant l'opposition des fonctionnaires de la santé qui manifestent contre ces mesures. Cette fermeté budgétaire reflète la volonté de la majorité de préserver l'équilibre financier cantonal.
Consensus sur l'autonomie communale
Un point d'accord remarquable a émergé : la protection des finances communales. Gauche et droite ont unanimement rejeté la nouvelle répartition de l'impôt sur les gains immobiliers proposée par le Conseil d'État, qui aurait fait perdre 39 millions annuels aux communes.
Cette convergence illustre l'attachement du Parlement vaudois au principe de subsidiarité et à l'autonomie des collectivités locales, piliers du fédéralisme helvétique.
Enjeux démocratiques et temporels
L'incident provoqué par le député PLR Loïc Bardet, proposant de prolonger les débats jusqu'à minuit, révèle les tensions procédurales inhérentes au processus démocratique. Sa rétractation témoigne de la nécessité de préserver le dialogue parlementaire.
Avec un déficit initial de 331 millions intégrant 305 millions d'économies, ce budget 2026 cristallise les défis de gouvernance moderne : concilier responsabilité fiscale, besoins sociaux et efficacité publique. Les débats se poursuivent jusqu'au 17 décembre, échéance cruciale pour l'adoption budgétaire.